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illustration travaux du temple d'Anduze - Photo Stéphanie Lebreton

La chronique des travaux du Temple • La bonne nouvelle de novembre des charpentiers !

La bonne nouvelle de novembre des charpentiers !…

Les dimensions exceptionnelles du temple d’Anduze contribuèrent à la construction d’une charpente en bois particulièrement innovante pour ce premier quart du dix-neuvième siècle.

Celle-ci est composée de six fermes(1) dont les poutres maîtresses horizontales ou « entraits » ont ici une portée hors-norme de vingt mètres !

En 1897 trois de ces fermes furent remplacées pour devenir métalliques ; les causes de ce changement sont inconnues et il s’avère, d’après les constatations actuelles de l’architecte sur les autres restantes en bois, que la charpente n’aurait pas été complètement assemblée à l’origine selon les plans et recommandations de l’époque…

Monument historique oblige et suivant l’avis défavorable de l’architecte Alexandre Autin de conserver une charpente hybride bois/métal, il a donc été décidé d’en réinstaller une totalement en bois.

Quatre des fermes vont être refaites entièrement : bien sûr les trois métalliques, mais aussi la fameuse numéro six en bois qui repose sur la voûte. Les deux dernières seront restaurées.

Si le mois de novembre a vu le commencement de la découverture de la toiture par les charpentiers et la réfection intérieure des arases(2) par l’entreprise de maçonnerie, la meilleure nouvelle fut sans aucun doute la confirmation d’avoir enfin trouvé les cinq grands sapins (quatre plus un en réserve) nécessaires au façonnage des entraits pour les nouvelles fermes !

Des arbres sans défaut qui furent difficiles à trouver, ceux-ci devant répondre à des critères sélectifs rigoureux : un tronc régulier d’une hauteur de plus ou moins quarante cinq mètres avec un diamètre au pied de un mètre dix, leur âge pouvant atteindre entre 150 et 200 ans ; tout cela pour récupérer au final un tronçon d’un peu plus de vingt-et-un mètres pour un diamètre de cinquante centimètres sur toute la longueur.

Les cinq spécimens ont été repérés sur un même lieu, dans une forêt du village suisse de Vallorbe dans le canton de Vaud. L’architecte ne put résister à aller les voir sur place, encore sur pied et dans leur environnement.

De la scierie ils sont partis en Savoie aux ateliers d’Euro Toiture, l’établissement qui gère la construction de la nouvelle charpente ; cette société, spécialisée dans la restauration du patrimoine, a eu la bonne idée d’installer trois jolis panneaux décrivant ses compétences sur la palissade du chantier.

Le mois de janvier 2023 sera riche en évènements puisqu’il verra d’abord l’installation devant le temple d’une importante grue disposant d’une flèche de quarante mètres avec une portée de plus d’une tonne ; son montage durera deux ou trois jours. Ensuite ce sera l’arrivée en convoi exceptionnel des longues poutres servant d’entraits pour les nouvelles fermes…

À suivre

Philippe Gaussent

Le 7 décembre 2022

(1) Ferme : assemblage précis de pièces de bois destiné à soutenir la couverture du toit)
(2) Arase : élément supérieur d’un ouvrage de maçonnerie qui compense une différence de niveau et qui sert de base à la suite de la construction

Discussion devant la ferme n°6 entre l’architecte Alexandre Autin et le charpentier Stéphane Metge (photo P. Gaussent)

Travaux du Temple 2022-2023 - Plan des fermes

Présentation des différentes fermes du temple avec le projet initial de 1820 (planche de A. Autin)

Découverture progressive du toit du temple (photo P. Gaussent)

Mise hors d’eau de la toiture avec d’immenses bâches (photo P. Gaussent)

Un des trois panneaux installés sur la palissade du chantier (photo P. Gaussent)

Site de coupe en Suisse des cinq arbres (photo A. Autin)


Octobre 2022 : le chantier du grand temple se met en place…

Pour les citoyens anduziens et autres visiteurs d’Anduze c’est le début du mois d’octobre 2022 qui aura vu le démarrage effectif des travaux du grand temple : l’installation d’une haute palissade en bois, à claire-voie, sur le Plan de Brie et habillée de grands panneaux explicatifs avec de très belles photos. Elle délimite l’espace de travail nécessaire aux professionnels devant le monument mais aussi la sécurité de cette zone très passante. La pose d’un échafaudage entièrement métallique en façade et sur les côtés hauts de l’édifice permet un accès extérieur à toute la toiture.

Entre-temps, à l’intérieur du temple et après avoir déjà retiré les bancs du rez-de-chaussée depuis plusieurs semaines, il fallut protéger un précieux mobilier difficilement transportable, comme la chaire et la table de communion. Une grande attention fut apportée à l’orgue, appareil fragile nécessitant un « coffrage » particulier : une toile spécifique laissant passer l’air mais aucune particule de poussière fut tendue sur un échafaudage classique en fer entourant l’instrument au plus près. Pour rassurer l’organiste une ouverture est quand même prévue pour que celui-ci puisse de temps en temps accéder aux claviers dans cet espace confiné… mais que le weekend !

À l’origine les deux ailes des anciennes casernes (côté mairie et côté office de tourisme) étaient reliées par un bâtiment avec une grande porte centrale qui donnait sur une cour d’honneur située derrière. Il fut détruit lors de la construction du temple et ses pierres et gravats servirent à rehausser le sol de la hauteur des quatre marches que nous trouvons au péristyle du monument. Une étude du sous-sol fut décidée pour une vérification de sa stabilité et un petit véhicule à chenillettes procéda à un carottage à deux endroits opposés de la grande salle ; les échantillons sont en cours d’analyse.

Le plus pénible de cette préparation aux travaux fut sans aucun doute l’évacuation des nombreux pigeons des combles, vivants et morts, mais surtout le nettoyage des lieux ! Pour parer à tout retour des volatiles, les oculi (ouvertures rondes dans les parois) furent grillagés.

À suivre…

Philippe Gaussent

Le 9 novembre 2022

Photos : P. Gaussent

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